jeudi 4 octobre 2007
Une nouvelle loi controversée
La pénurie de médecin a gagné la France. C'est un problème certain, réel et indiscutable mais mal posé : pénurie de médecin certes mais surtout de médecin compétent. Dans certaines zones géographiques, les banlieues, les zones rurales, les médecins manquent, dans d'autres, c'est la compétence qui fait défaut.
Alors que faire ? La solution est simple et tout le monde y trouverait son compte : augmenter le numerus clausus en première année de médecine, tout en exigeant un niveau de compétence plus élevé, niveau qui l'est déjà certes, mais en offrant plus de postes, le niveau doit l'être en conséquence. Conséquences d'une telle solution : plus d'étudiants en médecine, en dentaire qui pourront se spécialiser au fil des années et qui viendront renflouer si l'on peut dire ainsi l'activité médicale qui comme l'éducation n'est pas au beau fixe dans notre cher pays.
Malheureusement, le gouvernement en a décidé autrement et a décidé d'aller dans une direction contestable, aux conséquences " spéculatives ". En effet, le gouvernement entend déconventionné tout nouveau médecin désirant s'installer dans une zone dans laquelle trop de médecins sont en poste. Donc, un tel médecin ne verra pas ses patients se faire rembourser lors de ses consultations, mais de quels patients parlons nous, puisque ceux-ci préfèreront se rendre chez un médecin conventionné.
On peut également imaginer les fluctuations de valeur des cabinets médicaux, qui se négocieront tels des officines de pharmacie ou des études de notaires. Le prix de l'immobilier est déjà assez haut...Une telle mesure faciliterait selon le gouvernement, le rééquilibrage de l'activité sur le territoire français : cela semble contestable. Au contraire, cela incitera les nouveaux médecins à travailler non pas en libéral mais au coeur des hopitaux publics, qui ont du mal à boucler les fins de mois à l'heure actuelle et peut-être que cela découragera certains étudiants à choisir la filière médicale, plus importante que jamais.
On dit que le Président de la République était contre cette mesure, il serait pour dorénavant ? La Turquie enseigne...
Je sais que les étudiants de médecine vont se mobiliser, j'apporte mon soutien si modeste soit-il.
vendredi 31 août 2007
La rentrée politique
Après la crise qu'ont traversée les marchés financiers de la planète, due en grande partie à la crise du crédit immobilier américain, après la libération des infirmières bulgares, la rentrée politique devrait s'annoncer plus tranquille, force est de constater que cela ne sera pas le cas.
Dans le secteur de l'Education nationale, le gouvernement risque de se confronter à de nombreuses grêves, notamment à cause de la suppression de poste annoncée. Le ministre avait d'ailleurs déclaré vouloir "réduire les heures de cours" pour faciliter cette mesure, mesure incompréhensible étant donné la défaillance du système scolaire français. Certes, des systèmes scolaires comme les système allemand ou italien connaissent des heures de cours moindres, laissant libre cours à l'art, au sport, l'après-midi notamment. Pourquoi ne pas faire de même au collège ? Le gouvernement n'a rien dit sur ce sujet, alors que l'école primaire a été fustigée dans un rapport récemment pour son manque d'efficacité face aux diffcultés des élèves : résultat de nombreux éléèves arrivent en sixième sans savoir lire, écrire le français, sans avoir de bases mathématiques nécessaires pour progresser. Le reste suit : des enfants placés en dehors du système scolaire et une baisse de niveau en conséquence du Bac et de l'Université.
La TVA sociale verra t'elle le jour ? C'est ce que nous verrons. Comment sera t'elle mise en place ? L'incertitude règne... Quand au fameux tarif plancher de l'impôt sur le revenu, rien de concret ne filtre mais le gouvernement y travaille apparemment. On restera attentif à l'application de la loi Dati sur les récidivistes.
Mais ce qui frappe le plus, c'est l'absence de communication sur le point de la dette publique : que va faire le gouvernement pour combler les trous du paquet fiscal ? On peut rester dubitatif alors que le Président est un as de la communication, communication qui lui permet d'ailleurs de disserter sur la plupart des problèmes qui se posent, de s'en emparer personnellement pour le résoudre de manière médiatique sans le résoudre réellement en fait. Bref une rentrée où le gouvernement sera attendu au tournant pour s'expliquer sur ces nombreux points. En attendant, la côte du gouvernement reste plutôt élevée.
Un dernier mot sur le Parti Socialiste : Michel Rocard a déclaré il y a peu que le PS "ne savait plus quoi dire" : je suis d'accord avec lui entièrement. Le PS connaît selon moi une crise sans précédent : idéologique et hiérarchique. Qui gouverne au PS, qui en est encore membre, toutes ces questions sont sans réponses alors que François Hollande va bientôt passer la main et que DSK entre dans la phase finale de la campagne pour le FMI.
lundi 13 août 2007
Premiers enseignements
La Ligue 1 a repris ses droits depuis maintenant une semaine. Certes il est encore tôt pour dégager une hiérarchie, qui a tout de même du mal à se dessiner depuis plusieurs années avec à chaque saison un dauphin différent. Cette année a lutte pour le titre semble ouverte, l'édifice lyonnais donnant des signes de faiblesse plutôt inquiétants en vue de la campagne européenne.
Les sextuples champions sont tombés sur un os samedi et grâce à Elmander Toulouse s'est rassuré après sa défaite à Valenciennes, plongeant un peu plus dans le doute des lyonnais amputé de Malouda et Abidal, soit tout le côté gauche de l'équipe nationale. Fabio Grosso sort d'une saison très moyenne à l'Inter ; retrouvera-t'il son niveau de 2006 ? Mais c'est surtout l'attaque qui semble poser problèmes : il manque le " champion " le leader, le joueur capable de faire un compartiment de jeu tout seul, Baros n'en est pas capable et Fred est loin d'être le grand talent annoncé. Mais la défense pourrait causer quelques soucis : en effet, Cris s'est blessé au genou on parlerait de 6 mois d'absence. Perrin a déjà du souci à se faire : l'ombre de Deschamps se fera peut-être sentir davantage.....
L'autre favori, l'OM a retrouvé ses vieux démons : beaucoup de bruit pour rien et peu de but et même pas du tout puisque les bleus et blancs ont fait zéro à zéro deux fois d'affilée, peu réjouissant même si Nasri est encore convalescent. Albert Emon n'aura cette fois pas le droit à l'erreur je pense.
Autre personnage attendu, Laurent Blanc : l'ancien champion du monde a mené son équipe des Girondins de Bordeaux à deux victoires face à Lens et à Auxerre. Il ne faut pas s'enflammer mais Blanc a réussi pour l'instant un bon début de saison. L'ancien entraîneur Ricardo quant à lui, fait la soupe à la grimace. L'AS Monaco n'a pris qu'un point en deux matches et il va falloir vite se ressaisir pour ne pas tomber dans les travers de la saison dernière qui avait conduit Boloni à partir. Guy Roux et son sparadrap n'ont pu faire mieux que 0-0 face au PSG, qui comme l'OM reste sur deux résultats nuls.
A noter les bons débuts du Mans et de Nancy également et de Lille qui a pris quatre points.
Le dernier mot sera pour Auxerre : en lente érosion depuis de nombreuses années, le club bourguignon semble suivre la route du FC Nantes et s'enfonce dangeureusement après deux défaites face à Lyon et Bordeaux, avec un scénario rocambolesque puisque Maoulida fraîchement arrivé de Marseille a manqué deux pénaltys. Le championnat de France perdrait avec un Auxerre un club important de l'élite, un an après avoir perdu Nantes qui pour l'anecdote a bien commencé la Ligue 2 avec sept points en trois matches.
lundi 23 juillet 2007
François Bayrou sur la réforme institutionelle
Le président du MoDem a livré à Rue89 ses impressions sur la réforme des institutions proposée par Nicolas Sarkozy.
Dans son intervention le député a souligné la "peoplelisation du pouvoir " voulu par le président même s'il estime tout de même que l'image du président doit être personnalisée et présente." Jamais en France on a assisté à une telle concentration des pouvoirs ".
Sur la suppression du Premier ministre, François Bayrou s'oppose très clairement à cette idée car il est nécessaire de coordonner la politique du président. Il propose la réécriture de l'article 20 de la Constitution :" Le Président détermine, et le Premier ministre conduit la politique. " Mais pour lui, cette idée ne trouvera pas d'écho, se limitant à dire " dans ce domaine on dit beaucoup de bêtises, c'est des blagues, personne ne supprimera ce poste c'est d'ailleurs la dixième fois que l'on réunit une telle commission, qui ne fait que mettre en exergue, aviser mais ne décide pas. J'espère d'ailleurs que le peuple inspire cette réforme. "
Quant à la réforme du Parlement, le président du MoDem défend une nouvelle fois la proportionnelle comme idée centrale, qui permettrait d'être élu député sur ses idées et non d'après son allégeance au Président. Une simple dose suffirait même, à condition qu'elle serve à corriger les abus du scrutin majoritaire et alors cela ne serait q'une mascarade. " Seule une loi électorale juste permettra au Parlement d'assurer son rôle et d'être autonome. "
Le poste de vice-président pour finir : " Aux Etats-Unis, le vice-président n'est nullement chef du gouvernement comme peut l'être un Premier ministre. Il assure la réserve en cas d'accident et peut présider le congrès dans certaines circonstances ", l'exécutif reste ainsi monocéphale.
Retrouvez l'intégralité de l'interview en vidéo sur le site Rue89.com.
dimanche 22 juillet 2007
Vème République et avenir
Le réel engoument des français pour la campagne présidentielle ne doit pas faire perdre de vue l'essentiel : les institutions de la République ne sont plus capables d'assurer la cohérence de notre système. Que faire alors ?
L'image la plus révélatrice nous est montrée par les débats lors de l'Assemblée Nationale, où la plupart des députés sont absents ou ne votent qu'en considération de leur étiquette politique, pratique pouvant antraver la bonne marche de l'institution parlementaire qui dans ses origines les plus profondes se trouve être un organe au pouvoir important puisque devant les députés, le gouvernement est en théorie responsable, ce que la pratique n'a jamais véritablement mis en oeuvre, alors que le gouvernement a souvent utilisé le système des ordonnances ou du controversé 49-3 de la Constitution du 4 octobre 1958. D'autant plus que le pouvoir de dissolution du Président est en quelque sorte une épée de Damoclès au-dessus des députés.
Dans cette optique, le Président a mis en place un comité de réflexion de treize membres dans le but de rendre les dirigeants plus "responsables", le trtavail de ce comité aboutissant à un examen des parlementaires réunis en Congrès début 2008 avant les municipales. Les principaux points sont : une présidentialisation du régime, la création d'un procureur général de la nation présidant le CSM et non plus le Président, un contrôle du budget de l'Elysée, limitation des mandats du Président, un statut défini de l'opposition. On regrettera l'absence d'une réflexion sur l'opportunité de la proportionnelle ou sur la réforme du Sénat, institution à repenser absolument.
Certaines de ces idées sont intéressantes.Cependant, la réforme ne doit pas s'opérer qu'au niveau central. La France se doit de se moderniser au niveau régional. Les doublons Région-Département ne sont plus en phase avec notre époque, doublons établis à l'époque par Napoléon Ier afin d'unifier la pays et contrer la montée des royalistes. La réforme de 2003 n'a été qu'un feu de paille, l'expérimentation n'étant que très peu - et même pas du tout - utilisée par les Conseils Régionaux. La plupart des pays européens comme l'Allemagne avec les Landers et l'Espagne fonctionnent très bien avec pourtant des particularités régionales. Pourquoi la France n'y arriverait-elle pas ?
François Fillon a évoqué de son côté son approbation de la suppression de son propre poste au profit d'un vice-président. La France va-t'elle s'américanisée ? Réponse début 2008.

